Les anciens mots du moment

Mot du moment : la joie

« Le pouvoir a besoin de tristesse parce qu’il peut la dominer. La joie par conséquent, est résistance, parce qu’elle n’abandonne pas.
La joie, en tant que puissance de vie, nous emmène dans des endroits où la tristesse nous mènerait jamais » Gilles Deleuze

La joie était mon mot pour 2025. Je l’ai choisi comme dernier mot du moment de l’année.

J’aurais aimé la choisir parce que c’est une des valeurs primordiales de ma vie, perso et pro, mais c’est surtout parce qu’elle est en danger.

Je commençais mon texte de janvier par « il est temps de la prendre au sérieux ». Il est surtout temps de nous rendre compte de la réalité que l’on nous vend.

Avons-nous vraiment envie, sous couvert de conservatisme, de renfermer les corps et les esprits ? De ne vivre que par l’austérité, le contrôle et l’autorité ?

Rien qui dépasse, rien qui sort des cases et surtout rien qui nous enrichit.
Dégager tout ce qui ressemblerait à du collectif, à du bien commun et à du soin.
Nous faire croire que c’est tellement mieux de vivre chacun·e pour soi.
Nous faire croire aussi que la joie c’est superficiel et qu’elle n’a aucun pouvoir. Et qu’elle est même problématique.

Le discours principal est obsédé par le besoin de nous séparer, en utilisant uniquement des termes anxiogènes et des fake news.
A tel point que maintenant considérer l’ensemble des personnes comme des êtres humains c’est être du mauvais côté de l’histoire.
Vouloir vivre bien, ensemble, en faisant attention à notre environnement, humain et écologique, c’est aussi être du mauvais côté de l’histoire.

Alors non la joie n’est pas le problème. C’est comme le dit Salomé Saqué dans « Résister » une force de résistance. Une force qui effraie car elle ne se laisse pas faire. Elle est immensément courageuse. Elle insiste malgré tous les malgré.

Comme en janvier je vais finir par les mots d’Henri Bergson :
« La joie annonce toujours que la vie a réussi, qu’elle a gagné du terrain, qu’elle a remporté une victoire : toute grande joie a un accent triomphal. Or, si nous tenons compte de cette indication et si nous suivons cette nouvelle ligne de faits, nous trouvons que partout où il y a joie, il y a création : plus riche est la création, plus profonde est la joie. »

Mot du moment : la joie

Mot du moment : la simplicité

Définition : n.f : Caractère peu compliqué, ce qui est facile à comprendre, à utiliser. Caractère dépouillé, qualité de ce qui n’est pas chargé d’ornements superflus.

C’est un mot du moment qui revient et qui est d’autant plus d’actualité.

J’en avais parlé pour montrer son lien au beau et pour casser cette idée reçue de la beauté forcément opulente et chère.
Mon dernier post est d’ailleurs sur ce sujet. Le beau n’est pas réservé à une élite, loin de là. Il est possible de faire du beau en ayant comme valeur la simplicité, en choisissant de se focaliser sur l’essentiel.

Cette fois-ci j’ai surtout voulu parler de simplicité en opposition à la complexité.

Depuis l’arrivée de l’IA dans les entreprises, je me rends compte que tout ce qu’on y fait est très compliqué.
Beaucoup de process, d’étapes, de données à étudier, de contenus à produire, toujours et sans fin.
On utilise des nouveaux mots, des nouveaux concepts, en cherchant le nouvel outil magique qui va nous faciliter la tâche ou du moins la rendre plus rapide.

Tout est toujours dans le but de faire plus. Et maintenant que l’IA va hyper vite, génial on peut se rajouter des choses à faire.
Plein de temps gagné pour… plus, plus, plus.

Comme par exemple en communication avec ce réflexe de : je publie tous les jours. J’ai une newsletter. J’ai un podcast. J’ai un site. Je dis, j’écris, je partage plein de choses en permanence. Même sur des sujets hyper intimes qui n’ont rien à voir avec mon activité et même pour dire des choses déjà dites des milliers de fois.

Et si nous utilisions tout ce temps gagné par l’IA pour nous demander ce que l’on fait ? Si tout cela a vraiment du sens ? Si nous avons toujours comme objectif l’essentiel ?
Ne faudrait-il pas simplifier ? Trier, nettoyer, changer, alléger ? Remettre l’efficacité au centre ?

Je ne dis pas qu’il faut devenir simpliste mais faire moins et mieux.

Osons nous demander : A quoi tout cela sert-il vraiment ?

Mot du moment : la simplicité

Le mot du moment : la qualité.

Définition : n.f : Manière d’être non mesurable qui donne une valeur plus ou moins grande.

Si nous souffrions d’un manque d’exigence ?

Une des caractéristiques les plus sournoises de notre société actuelle est la disparition progressive de la qualité, et notre acceptation totale à ce sujet.
Bien sûr, je ne suis pas en train d’inverser la culpabilité. Nous ne sommes pas à l’origine de cette disparition. Mais nous avons fini par la trouver normale.

Quasiment tout ce qui nous entoure est de qualité médiocre (et de plus en plus cher !) : la nourriture que nous mangeons, les meubles dans nos intérieurs et les vêtements que nous portons par exemple.
Les trois ont une place primordiale dans nos vies mais nous nous sommes habitué·es à ce que la nourriture soit bourrée de merdouilles et sans trop de goût ou que les meubles tiennent à moitié debout ou que l’on soit obligé de jeter nos fringues au bout d’un an.
Nous ne pourrons probablement transmettre aucun objet du quotidien ou vêtement à nos enfants. J’ai des casseroles de mes grands-parents qui sont plus vieilles que moi et qui semblent comme neuves.

C’est la même chose avec les contenus que nous consommons, beaucoup de jetables, copiés-collés et pas très intéressants. Ou alors des programmes anxiogènes ou tout simplement faux.
Sans parler de la médiocrité désolante des personnes encensées par beaucoup.

On le voit aussi avec la qualité des services. Les processus mis en place permettent tout sauf de nous aider ou de nous faciliter la vie. Tout est compliqué et prend un temps incroyable.

Forcément cette mauvaise qualité se retrouve aussi dans nos rapports humains. Nous en sommes quand même arrivé·es à trouver normal de scroller alors que nous sommes avec d’autres personnes.

Et si nous imaginions un monde où nous n’exigerions que le meilleur pour nous ?
Je ne parle pas de cher ou de luxe, mais de qualité. Finalement, nous rappeler que c’est quand même la moindre des choses.

N’est-il pas temps de nous dire que nous méritons mieux ?

Mot du moment : la qualité

Mot du moment : l’audace

Définition : n.f : Disposition qui porte à des actions difficiles, dangereuses, au mépris des obstacles.

Oubliez ce que vous venez de lire.

L’audace n’est pas la manifestation du n’importe quoi ou de l’inconscience. Bien au contraire.

Lors d’un atelier d’écriture sur le sujet, Marie Robert décrivait l’audace comme une réflexion avant l’action. Se poser des questions avant de se lancer. Penser puis décider d’y aller. Elle employait d’ailleurs cette expression que j’adore : Avoir de l’audace c’est apprendre à danser dans le vide.

Puisque l’on commence par soi, faire preuve d’audace c’est aussi réfléchir par soi-même et pour soi-même. C’est mettre de côté et remettre en question ce que l’on entend depuis toujours, ce que l’on nous impose et nous fait croire. C’est se demander si suivre la masse nous convient, si faire et être comme tout le monde nous ressemble vraiment. C’est réfléchir à la légitimité de tous ces « il faut »et de toutes ces habitudes du quotidien : le job où l’on n’apprend plus rien, l’amitié qui nous épuise ou le couple qui nous empêche plus qu’il nous épanouit.

Est-ce que ça embellit vraiment nos vies?

Qu’a-t-on abandonné parce que ça ne se faisait pas ou parce que ce n’était plus de notre âge ? Qu’est-ce qu’on ne s’autorise pas par peur du regard des autres ?

En cette rentrée, j’ai envie de nous souhaiter d’imaginer les choses différemment (même si c’est juste un tout petit peu) et d’oser nous présenter comme nous sommes et non plus comme nous sommes censé·es être.

Et puis au passage d’entraîner dans notre danse toutes celles et ceux qui nous entourent.

Parce que ce qui est formidable avec l’audace c’est qu’elle inspire toutes les personnes qui la croisent.

Alors, à quoi ressemblera votre 1er pas vers l’audace ?

(Le mien ? ENFIN ouvrir les yeux sur la mocheté de mes anciens “mots du moment” et ENFIN changer le visuel. Comment ai-je pu ne pas le voir ??)

Visuel avec un fond magenta d'une fleur de pissenlit avec écrit dessus : l'audace

Mot du moment : le plaisir

Définition : n.m : État de contentement que crée chez quelqu’un la satisfaction d’une tendance, d’un besoin, d’un désir. Sensation, émotion agréable ; sentiment de contentement ou de bien-être.
Synonymes : bonheur, contentement, joie, satisfaction.

Ce n’est pas le mot le plus évident en ce moment.

Comment parler de plaisir quand des enfants sont en train de mourir de faim et qu’en face au mieux on s’en fiche, au pire on s’en réjouit ? (et la liste de tragédies est malheureusement très longue).

Mais est-ce que ce n’est pas ça qui nous manque ?

Avec la sobriété et l’utilité, les deux mots du moment précédents, le plaisir vient fermer une boucle de valeurs qui se retrouvent autour d’une seule question : quel est le sens et l’impact de nos choix ?
Comme tout ce qui est positif, le plaisir est souvent considéré comme futile, superficiel voire comparé au caprice.
Pourtant se faire plaisir et en donner, c’est une façon de prendre soin.
Mais quelle place lui faisons-nous réellement?

Quand nous consommons des heures de mini contenus au détriment de notre vie réelle, est-ce que l’on se fait vraiment plaisir ? Est-ce que l’on s’est au moins posé la question ?

Avec nos proches, le portable posé sur la table à peine installé·e envoie le message très clair de « je suis là physiquement avec toi mais je choisirai toujours ce que mon téléphone a à me dire ».
Ça se ressent dans les partages sur les réseaux. Nous ne savons tellement plus vivre par le prisme du plaisir que nous nous inventons des vies, à coup de storytelling sans fin. Le moindre moment qui se transforme en leçon de vie ou en révélation.

Et pourtant, en réinvitant le plaisir (avec la sobriété et l’utilité), nous nous rendrions compte que nous avons chacun·e une vraie singularité, et plein de choses intéressantes à raconter. Des moments de vie qui nous font briller les yeux ou nous chamboulent le cœur.
Nous aurions automatiquement envie de le partager. Le bien commun redeviendrait une priorité.
N’est-il pas temps d’exclure la médiocrité de nos vies pour que la qualité prenne enfin toute sa place ?

Mot du moment : l’utilité

Définition : n.f : Fait de servir à quelque chose. Caractère, qualité de quelque chose ou de quelqu’un qui sert à quelque chose. Aptitude d’un bien à satisfaire un besoin ou à créer les conditions favorables à cette satisfaction.

Synonymes : avantage, bienfait, efficacité, intérêt, profit, secours, usage

Le mot du moment pour le mois de juillet est la suite logique de celui du mois dernier qui était la sobriété.
A ce moment-là je n’avais pas imaginé que je parlerais d’utilité (et donc aussi de sobriété) pendant un épisode de canicule qui n’en finit pas.

On entend beaucoup parler d’écologie punitive et d’atteinte à la liberté de la part de celles et ceux qui en ce moment disent que s’il fait chaud c’est parce que c’est l’été mais que tout va bien, pas besoin de s’inquiéter. C’est une punition et une privation de liberté de devoir consommer et se comporter différemment, en faisant plus attention, en diminuant et en réduisant.

Mais si on aborde la question sous l’angle de l’utilité, est-ce vraiment le cas ?
Cette notion est sortie plusieurs fois lors des échanges du forum feet et de l’Univershifté et elle m’a fait beaucoup réfléchir.

Nous avons pris l’habitude de pouvoir quasiment tout faire et d’avoir accès à quasiment tout, tout le temps. A tel point que justement nous ne nous demandons plus si c’est utile ou futile, nous pouvons alors nous le faisons.
La raison qui ressort c’est pour aller plus vite, pour ne pas perdre de temps.

Là encore se pose la question de l’utilité : pourquoi avons-nous besoin de gagner tout ce temps ? Que faisons-nous de cette si grande quantité de temps gagné ? Qu’est-ce qu’elle nous apporte vraiment ?
Si c’était pour profiter, nous reposer, passer du temps avec nos proches et prendre soin de nous, pourquoi pas. Mais pas du tout, c’est pour rester encore plus coincé·es dans cette posture hyperproductive.

Si on prenait le temps (justement) de regarder ce que l’on fait au quotidien ?
Est-ce vraiment si contraignant d’aller poser directement une question à son collègue de boulot plutôt que d’envoyer un mail ?
Est-ce que l’avis de l’IA est vraiment nécessaire sur tout ce que l’on fait ? Avons-nous vraiment besoin d’optimiser toutes nos tâches grâce à elle ?
Avons-nous vraiment besoin de recevoir le soir même via Amazon le dernier roman de notre autrice préférée ? Est-ce si terrible de devoir attendre plusieurs jours ? (si c’est possible c’est encore mieux de l’acheter dans une librairie indépendante 🙂
N’avons-nous vraiment pas le temps de faire cuire du riz pendant 20min ? (pour que le riz instanné puisse cuire, on y fait des microfissures qui ont un impact sur notre digestion, il est donc moins bon pour notre santé).

De manière générale, le but est-il que nos vies soient vidées d’effort et que la satisfaction soit immédiate ?

Ps: si vous avez l’occasion, allez voir la vidéo de Tristan Lopin qui réagit à l’outrage (et je n’exagère pas) lors de l’émission d’Estelle Denis sur la disparition du panier à cornichon dans les pots.

Visuel d'un cerveau avec des nœuds et un autre cerveau avec des étoiles

Mot du moment : la sobriété

Définition : n.f : Fait de manger peu. Attitude réservée. Absence de fioritures. Modération, mesure, discrétion.

C’est un mot que l’on entend beaucoup depuis quelques temps. Il n’est pas question pour moi d’en donner ici une énième définition mais plutôt de réfléchir à une autre vision.

Souvent quand on parle de sobriété, on pense « vivre comme des moines ». C’est aussi comme cela que les plus climatosceptiques ou les plus pro capitalistes nous la vendent. Choisir la sobriété c’est pas loin de se nourrir d’un morceau de pain et de s’éclairer à la bougie. C’est forcément anti-progrès et anti-modernité. Je caricature évidemment mais on est quand même dans cet esprit-là.

Et si finalement mettre de la sobriété dans notre vie ce n’était pas y mettre du plaisir aussi ? Ce n’était pas mettre de l’attention dans ce que nous faisons et consommons ?

J’ai l’impression que nous vivons comme si nous étions à un buffet illimité en mode goinfre. Vu que nous avons accès à tout alors on va se goinfrer, manger de tout et beaucoup, sans jamais nous poser la question de si on aime ou même juste de prendre le temps de déguster. On se remplit et on finit par avoir mal au ventre.

Est-ce que c’était bon ? est-ce qu’on a passé un bon moment ? Aucune idée.

Alors que c’est quand même beaucoup plus agréable de ne choisir que ce qui nous fait envie. Niveau quantité nous n’avons pas été efficient·e mais niveau plaisir oui.

Avant, j’achetais quelque chose quasiment tous les jours. Rien n’était cher et donc rien n’était de qualité non plus. Je me suis rendue compte que même pas deux jours après mon achat je l’avais déjà oublié et vu que c’était de mauvaise qualité, j’étais déçue. En fait, ça ne m’apportait rien de positif. Ça ne me faisait pas du bien.

Maintenant que j’ai mis le plaisir et donc la qualité au cœur de ma consommation, j’achète beaucoup moins (c’est toujours dur de résister aux paillettes mais je tiens le coup… presque toujours) et surtout beaucoup mieux. A ma grande surprise, cette surconsommation ne m’a jamais manqué. Bien au contraire.

C’est pour cela aussi que l’univers de fête sensible est si joyeux, que je parle de moins ET mieux, de célébration, que j’y mets des boules à facettes et de la musique dansante (pour voir à quoi ça ressemble : instagram.com/fetesensible) et qu’en même temps ma fréquence de publication ou mon site web est sobre.

La sobriété, c’est quand on met le plaisir au centre et donc aussi le soin, de soi, des autres et de l’environnement. Et naturellement le sujet de l’utilité arrive aussi.Posez-vous la question. Quand vous faîtes ou consommez quelque chose, qu’est-ce que ça vous apporte vraiment ? Êtes-vous en train de vous goinfrer au buffet ou êtes-vous en train de savourer ?

Visuel d'une personne avec des fleurs dans la tête

Mot du moment : l’alignement

Définition : n.m : Action d’aligner, fait d’être aligné·e. Action de se conformer à l’attitude de quelqu’un, de se régler sur quelque chose.

C’est un mot que l’on entend souvent en ce moment. On nous demande d’être aligné·es pour devenir la meilleure version de nous-mêmes. Sauf qu’on nous le demande dans un contexte rempli de culpabilité.
Sois toi-même mais ne dépasse pas trop du cadre et suis très précisément la même méthode que tout le monde. Et ne remets pas trop les choses en question, focalise-toi sur toi.

Quand je parle d’alignement, c’est pour moi la suite logique de mon dernier mot du moment qui était l’imagination.

Prendre le temps, faire preuve d’imagination et de créativité pour nous demander à quoi nous voulons que notre façon d’entreprendre et de communiquer ressemblent vraiment. Et surtout avoir le courage de le faire. Avoir le courage de proposer et d’être autre chose.

Il peut être très tentant de suivre les tendances et ce qui marche, sauf que quand nous sentons qu’au fond ça nous dérange ou qu’on se force un peu, nous en arrivons à perdre tout plaisir à communiquer. Et à devenir une énième version copiée-collée de ce qui existe déjà.

C’est pareil pour ce qui touche aux enjeux actuels.
Bien sûr qu’une communication éco-responsable, inclusive et libératrice de l’économie de l’attention est devenue primordiale mais il y a probablement certains sujets qui vous dépassent ou avec lesquels vous n’êtes pas d’accord.
Ne tombez pas dans de l’engagement performatif, acceptez vos limites. Concentrez-vous sur ce qui vous touche vraiment (mais gardez l’esprit ouvert).

L’alignement dans la communication que je propose c’est ce que j’appelle votre beau. C’est ce qui fait briller vos yeux, ce que vous voulez faire découvrir sur votre entreprise et votre activité. Ça peut-être aussi une image sur votre activité, votre entreprise ou votre secteur que vous voulez changer. Et en utilisant uniquement des canaux et supports que vous aimez et maîtrisez.

Être aligné·e grâce à votre beau, c’est ne pas avoir peur du ridicule et prendre le risque d’être parfois ringard·e mais c’est aussi prendre du plaisir et vous amuser dans votre communication.

Moi par exemple, s’il n’y avait aucun problème de droits d’auteur, j’accompagnerais chacun de mes contenus par une musique d’ABBA, de Bonnie Tyler ou de Teena Marie.

Visuel d'une personne levant les bras avec des étoiles au-dessus pour représenter l'alignement

Mot du moment : l’imagination.

Définition : n.f: Faculté que possède l’esprit de se représenter des images ou d’évoquer les images d’objets déjà perçus. Fonction par laquelle l’esprit voit, se représente, sous une forme sensible, concrète, des êtres, des choses, des situations dont il n’a pas eu une expérience directe. Capacité d’élaborer des images et des conceptions nouvelles, de trouver des solutions originales à des problèmes
Synonymes : fantaisie, rêve, vision

La résistance au changement est dû, entre autre, à sa mauvaise compréhension, à la peur de l’inconnu et à une absence de perception de ses bienfaits.
Dans la situation actuelle, malgré les enjeux immenses auxquels nous faisons face, écologiques, sociaux et sociétaux, on voit bien qu’il est difficile de faire bouger les choses et les gens. C’est parce qu’il manque une réponse personnalisée à chacune de ces réticences au changement. Qu’est-ce que cela veut dire pour moi, mon entourage et mon territoire ? A quoi ma vie va ressembler si les choses bougent ? Qu’est-ce que je vais concrètement y gagner ? (Je ne parle évidemment pas de ceux qui souhaite maintenir leur contrôle et leur puissance à tout prix).

C’est là que l’imagination entre en scène, et qu’elle tient le premier rôle.

Dans le dernier webinaire d’Ecolearn, Dominique Meda, philosophe et sociologue française, a dit qu’il était temps de montrer que la société future pouvait être désirable et qu’il fallait écrire un récit d’une écologie populaire et travailler sur les imaginaires nouveaux pour proposer un projet positif aux classes populaires.
Dans son livre « Réparer le futur », dont j’ai déjà parlé et qui a été déterminant dans mes recherches, Inès Leonarduzzi écrit que nous avons besoin d’une « reprogrammation des imaginaires, par l’écriture de nouveaux récits et la décolonisation des mots, quitte à en inventer de nouveaux pour permettre de parler de ce que l’on ressent, ce que l’on vit et ce dont on a besoin ».
Nous devons renouveler nos représentations et imaginaires collectifs pour transformer en profondeur nos sociétés et rendre les métamorphoses désirables pour tout le monde. Nous devons réajuster notre symbolique en partageant des valeurs et normes solides plus respectueuses du vivant et de l’humain.
« Créer des courants d’air dans les systèmes de pensée, pour chasser le désespoir confortable dans lequel on se love facilement […] pour défendre ce en quoi nous croyons tous : la liberté et la beauté du monde ». Inès Leonarduzzi

Ne nous laissons pas enfermer par ce retour à l’obscurité, à l’autorité et à l’austérité (qui malgré ce que l’on veut nous faire croire n’est pas synonyme de sobriété). Ne nous laissons pas arnaquer par cette nouvelle croyance que vouloir mieux pour tout le monde est problématique et dangereux.

Faisons preuve d’une imagination rassembleuse et lumineuse.

Visuel d'une baguette magique

Mot de l’année : la joie

Définition : n.f : Sentiment de plaisir, de bonheur intense, caractérisé par sa plénitude et sa durée limitée, et éprouvé par quelqu’un dont une aspiration, un désir est satisfait ou en voie de l’être. Ce qui provoque chez quelqu’un un sentiment de vif bonheur ou de vif plaisir. Émotion agréable et profonde, sentiment exaltant ressenti par toute la conscience.

Synonyme : allégresse, amusement, enjouement, entrain, euphorie, gaieté, griserie, hilarité.

J’ai choisi la joie comme mot de l’année car il est temps de la prendre au sérieux.

On la traite souvent avec condescendance. On la trouve un peu niaise. Au vu de la situation actuelle, on se dit même que l’on a d’autres priorités.

Pourtant la première chose à laquelle s’attaquent les courants conservateurs et obscurantistes est tout ce qui procure de la joie, nous ouvre l’esprit, nous rassemble. La création et l’art sont contrôlés quand ils ne sont pas détruits ou interdits. Leurs 1ères mesures revendiquent toujours l’autorité, l’austérité et le contrôle. Renfermer encore plus les esprits et les corps.

Si la joie était si anodine, elle ne serait pas pourchassée à ce point-là. Les Afghanes auraient le droit de rire et de chanter, les Républicains américains n’interdiraient aucun livre et la région Pays de la Loire n’aurait pas diminué de 2 tiers son budget dédié à la culture.

Dans son dernier livre « Résister » Salomé Saqué parle de la joie comme d’une force de résistance pour sortir de cette extrêmedroitisation de la politique, des idées et de notre rapport au monde.  La joie fait peur car c’est une force qui prend soin, qui fait du bien, qui élève et qui réunit. Elle nous éloigne forcément des divisions que l’on cherche à nous imposer.

Nouvelle preuve de son importance, la joie a été étudiée par de nombreux philosophes : Sénèque, Spinoza, Nietzsche, Bergson ou Rosset. Pour eux, la joie est une façon de dire oui à la vie, et surtout de dire oui à la vie malgré tout. Il n’est pas question de choisir la joie en étant déconnecté·e de la réalité mais plutôt en étant dans le réel.

« La joie annonce toujours que la vie a réussi, qu’elle a gagné du terrain, qu’elle a remporté une victoire : toute grande joie a un accent triomphal. Or, si nous tenons compte de cette indication et si nous suivons cette nouvelle ligne de faits, nous trouvons que partout où il y a joie, il y a création : plus riche est la création, plus profonde est la joie.  » Henri Bergson.

En cette nouvelle année (et pour toutes celles qui suivent), je nous souhaite de créer, de partager et de dire un immense oui à la vie.

Faisons en sorte que la vie triomphe.

Illustration représentant une boule à facettes avec des cœurs autour pour symboliser la joie

Mot du moment : l’émerveillement

Définition : n.m : Sentiment d’admiration mêlée de surprise

Synonymes : enchantement, admiration, éblouissement, ravissement

Avant de commencer la rédaction de ce texte, je suis tombée par hasard sur cette citation de Gilbert Keith Chesterton : le monde ne mourra jamais par manque de merveilles mais d’émerveillement.

Chesterton est mort en 1936. En bientôt 2025, le monde souffre toujours d’un déficit d’émerveillement aggravé depuis quelques années par l’économie de l’attention. En plus d’être incapables de voir les merveilles qui nous entourent, de ne plus leur prêter notre attention, nous en sommes arrivé·es à croire qu’elles sont inutiles, futiles, voire un peu gnangnan. A tel point que de plus en plus de personnes accueillent avec beaucoup d’enthousiasme l’obscurantisme qui, comme son nom l’indique, a comme objectif de nous éloigner de la lumière, de tout ce qui est lumineux et donc d’éviter toute forme d’émerveillement.

L’émerveillement est un de mes indispensables pour la communication par le beau (et dans la vie). Il nous propose autre chose que tous ces contenus illimités, copiés/collés et souvent faux. Il laisse de la place à notre curiosité et à notre imagination. Il nous rend notre temps libre, il libère notre attention numérique et il remet du sens et nos valeurs dans nos vies. Anne Dufourmantelle dans « Puissance de la douceur » en parle d’ailleurs comme une des espèces rares à la noblesse farouche d’une bête sauvage.

Il nous invite à (re)faire tout ce que l’on nous a obligé à oublier : ralentir, créer du lien, prendre soin, se vivre au cœur de la nature (et non au-dessus), mettre du sens et des sens.

Et si nous acceptions enfin son invitation ?

Visuel représentant l'émerveillement, pilier de la communication par le beau

Mot(s) du moment : l’économie circulaire

Définition : n.f : modèle de production et de consommation qui consiste à partager, réutiliser, réparer, rénover et recycler les produits et les matériaux existants le plus longtemps possible afin qu’ils conservent leur valeur. De cette façon, le cycle de vie des produits est étendu afin de réduire l’utilisation de matières premières et la production de déchets. (Parlement Européen – 09/2023). Economie créatrice de valeur sociale, économique et environnementale (Institut de l’Economie Circulaire). Inscrite dans les territoires, elle permet d’agir pour limiter la consommation de ressources et offre des opportunités de création de nouvelles activités, de développement économique, à différents niveaux. (Cycl’op – plateforme des acteurs de l’économie circulaire en Occitanie).

Ses 7 piliers sont : 

  • Approvisionnement durable
  • Eco-conception
  • Ecologie industrielle et territoriale
  • Economie de la fonctionnalité
  • Consommation responsable
  • Allongement de la durée d’usage
  • Recyclage

Historiquement, l’économie circulaire a toujours été la norme. L’économie linéaire n’existe que depuis la révolution industrielle du XIXème siècle.

Des recherches sont actuellement en cours pour proposer une définition définitive de l’économie circulaire.

Pour une communication responsable, ancrée dans une économie circulaire, vous devez utiliser la méthode des 6 R : refuser, réduire, réparer, réutiliser, recycler et rendre à la terre, pour vos supports, vos outils et vos contenus. Votre communication ne doit pas simplement servir à parler d’économie circulaire.

Visuel représentant l'économie circulaire

Mot du moment : l’intelligence artificielle

Définition : n.f : Ensemble des théories et des techniques développant des programmes informatiques complexes capables de simuler certains traits de l’intelligence humaine (raisonnement, apprentissage…). Processus d’imitation de l’intelligence humaine qui repose sur la création et l’application d’algorithmes exécutés dans un environnement informatique dynamique. Son but est de permettre à des ordinateurs de penser et d’agir comme des êtres humains.

Il existe deux types d’IA :

 · IA faible : elle accomplit des tâches spécifiques pour lesquelles elle a été entraînée. Elle est autonome mais un paramétrage initial par des humains est obligatoire car elle ne sait pas prendre d’initiative. Elle ne fait qu’exécuter.
 · IA forte : elle n’est qu’hypothétique pour le moment. Elle serait capable de penser, d’éprouver des sentiments, d’avoir une conscience et une compréhension de qui l’entoure.

En juillet 2024, le règlement européen sur l’IA (AI Act : https://lnkd.in/eYEaSmxu) a été publié au Journal Officiel de l’Union Européenne. Les entreprises fabricantes d’IA devront notamment fournir un résumé des textes ou images utilisés pour entrainer leurs modèles.

Malheureusement, les leaders de l’IA étaient conviés aux discussions. Il est à se demander si notre protection et nos intérêts étaient vraiment la priorité.

illustration représentant l'IA

Mot du moment : l’éco-responsabilité 

Définition : n.f: une entreprise est éco-responsable dès lors qu’elle intègre de façon globale les impacts environnementaux dans ses critères de décision, pour l’amélioration et la gestion de l’ensemble de ses processus. ADEME (agence de la transition écologique).

L’éco-responsabilité repose sur l’analyse du cycle de vie de vos produits et services mais aussi de votre communication. Le but étant de réduire les impacts environnementaux négatifs de vos activités et choisir des solutions éco-responsables lors de la fabrication, l’utilisation, la diffusion et la fin de vie de l’ensemble des éléments faisant partie de votre communication.

Une communication éco-responsable c’est en pratique être dans une démarche d’économie circulaire plutôt que linéaire en adoptant les 6R au quotidien : Refuser, Réduire, Réparer, Réutiliser, Recycler et Rendre à la terre.

Il est important d’impliquer tout le monde : votre équipe, vos prestataires et votre clientèle et de l’appliquer à l’ensemble de votre communication : vos supports, vos contenus, vos types de communication et votre matériel.

Illustration de la planète Terre représentant l'éco-responsabilité

Mot du moment : l’inclusivité

Définition : n.f: Caractère d’un groupe, d’un milieu ou d’un système qui a fait l’objet de mesures visant à ce que toutes les personnes sans distinction reçoivent un traitement adapté à leurs besoins et capacités et aient accès aux mêmes avantages et possibilités.

S’adresser et être accessible à votre cible dans son ensemble. C’est-à-dire :
• En prenant en compte sa diversité
• En la représentant telle qu’elle est réellement, sans stéréotype ou invisibilisation
• En considérant ses besoins spécifiques et en y répondant au maximum

Ses besoins spécifiques peuvent être liés, entre autres, à son genre, sa sexualité, son âge, son handicap ou son mode de vie. Ses besoins spécifiques peuvent être aussi des « petites choses ». Par exemple, si votre cible vit en ville et n’a pas de voiture, avez-vous pensé à l’accès en transports en commun de votre lieu d’évènement ?

L’inclusivité c’est penser à la réalité de chaque personne et non pas à une réalité commune. Inclure vraiment tout le monde pour ne pas donner l’image, fausse, d’une société blanche, hétérosexuelle, valide, mince et chrétienne.

Avez-vous pensé à votre cible dans son ensemble ?

Illustration cœur représentant l'inclusivité

Mot du moment : l’inattention

Définition : n.f : Défaut d’attention, manque d’attention, d’application
Synonymes : distraction, étourderie, inadvertance, inconséquence, insouciance, irréflexion, légèreté

J’ai choisi l’inattention comme valeur de la communication par le beau en opposition à l’économie de l’attention, qui était le mot du moment précédent.
A l’image de l’illustration accompagnant ce texte, c’est celle qui va nous libérer de cette économie.

Je ne l’envisage pas du tout dans sa définition négative. Ce n’est pas nous désintéresser, être détaché-es de nos vies. Bien au contraire, c’est nous détourner des contenus perpétuels qui nous sont présenté-es en ligne. Répondre par l’inattention à ce que le digital nous met sous le nez en permanence est une forme de résistance. C’est choisir de ne plus suivre les règles du jeu de l’économie de l’attention pour ne suivre que les nôtres.

Nous ne récupérons pas seulement notre attention, nous en récupérons aussi sa maîtrise.

A quel(s) endroit(s) de votre vie souhaiteriez-vous mettre un peu plus d’inattention ?

Illustration d'une cage ouverte avec l'oiseau qui s'envole représentant la libération de notre attention

Mot du moment : l’économie de l’attention

C’est une économie dans laquelle la ressource la plus précieuse n’est plus notre argent. Créée par les GAFAM (Google, Facebook, Apple, Amazon et Microsoft), son objectif premier est la maximisation de notre temps passé en ligne et l’augmentation de notre engagement avec un choix de contenus infini. Dans un seul but : le vol de notre attention. C’est-à-dire notre quantité de cerveau disponible et notre capacité de concentration et de réflexion.

Nous vivons désormais comme si l’objectif des GAFAM était devenu le notre, comme si notre priorité était de passer beaucoup de temps en ligne. Et tant pis pour le reste. A chaque instant de notre vie, professionnelle et personnelle, nous ne sommes jamais pleinement présent-es ni concentré-es et nous avons de plus en plus de mal à l’être. Ce qui compte vraiment pour nous, nos réels objectifs de vie sont abandonnés au profit de satisfactions immédiates et creuses. Tout ceci accompagné d’une immense quantité de stress provoquée par cette impression d’un temps accéléré parce que nous croyons pouvoir et devoir faire beaucoup et immédiatement.

Le graphique ci-dessous est une des nombreuses représentations du vol de notre attention. Celui-ci peut évoluer en fonction de nos habitudes, des moments ou des changement effectués.
Il est flagrant d’y voir la petite place que notre attention prend face à ce qui semble être si anodin et presque passif comme les notifications ou les emails. Une grande partie de notre cerveau est toujours en alerte, au cas où, même si ce « cas où » n’est pas très intéressant ou peut attendre. Il est également devenu une priorité dans nos vies. Peu importe ce que nous sommes entrain de faire ou avec qui nous sommes, la notification (email ou RS) prendra toujours le dessus. Un peu comme si nous étions d’astreinte.

Le livre Stand out of our Light Freedom and Resistance in the Attention Economy de James Williams est formidable et très détaillé sur le sujet, bien qu’assez flippant. Il est en libre accès, en anglais : https://lnkd.in/eBYBReDe
Depuis sa lecture, dès que je commence ma journée de travail, je mets mon téléphone en mode avion et j’ai enlevé toutes les notifications sur mon ordinateur. Je ne regarde mes emails qu’à des plages horaires précises et limitées. La différence a été impressionnante. Je vous conseille vivement d’essayer pour voir.

Graphique représentant la répartition de notre attention
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